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Du Bois de Marine... à l'Aviation
Jean-Marie Ballu était l'invité exceptionnel de la Société des amis de la forêt de Tronçais, qui lui ont demandé d'aborder le thème « Du bois de marine... à l'aviation », devant plus de cent personnes.

Texte de
Philipe  Vallanet
publié dans la MONTAGNE



Dès le début de la conférence, Jean-Marie Ballu a suscité des remous dans l'assistance, en assénant que
« la forêt tropicale n'est pas le poumon de la planète » et « la forêt française est sous exploitée ».
Ce sont les jeunes forêts qui, pour leur croissance, « pompent » le plus le C02 et rejettent de l'oxygène, a-t-il développé. Arrivant à leur maturité, cet échan- ge est très diminué. « En revanche, la déforestation provoque un largage brutal de C02. 20 % du C02 de l'atmosphère provient de là ».

 

Quant à la sousexploitation de la forêt, le conférencier a expliqué, tableau à l'appui, que « depuis une trentaine d'années, la récolte est stable mais, dans le même temps, la production augmente. Il y a 105 millions de m3 de "pousse" chaque année et on récolte 50 millions de m3. L'idéal étant d'équilibrer ces deux éléments, il est juste de parler de sous exploitation. Les arbres poussent de plus en plus vite et de plus en plus haut, la surexploitation est réversible mais pas le défrichement »,

3.000 chênes pour faire un navire
Il a ensuite évoqué l'historique de la forêt française au fil des siècles, « façonnée par la chasse, plaisir des princes, et par la marine, grandeur du royaume » ; celle de Tronçais avec ses grands fûts droits n'a pas vocation à produire du bois de marine (bois courbe) mais du bois de merrain et de tranche.
« Il faut 3.000 chênes pour faire un navire et 100.000 hectares de forêt en équilibre, pour créer une flotte », a précisé Jean-Marie Ballu.

 

Après avoir montré de
photographies de construction de bateaux, il en est arrivé tout naturellement à celle des avions ressemblant étrangement à des bateaux à leur début. Fourmillant d'anecdotes, les explications de Jean-Marie Ballu ont montré la qualité architecturale du bois pour tous ces engins volants jusqu'en 1948, la fin de l'ère des avions en bois.

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Qui est-il ?

Intarissable sur le sujet,
Jean-Marie Ballu est issu d'une famille de forestiers. Agronome et ingénieur général des Ponts des eaux et des forêts, il a fait une grande partie de sa carrière à l'Office national des forêts, avant de la terminer comme président de la section « nature, forêt, paysages » du ministère de l'Agriculture. C'est dire que le bois, dans toutes ses spécificités, n'a pas de secrets pour lui.